L’antenne haut-marnaise de l’Association Progrès du Management (APM) a pris de la hauteur, mercredi 18 novembre à Langres pour célébrer son 20e anniversaire. C’est au Musée, puis à la Maison des Lumières, avec quelques anciens de cette belle aventure humaine, que l’animateur, Christophe Minoux, a convié ses amis et partenaires, autour de l’astronaute Michel Tognini. (JHM du 24 novembre 2015)

Cet ancien pilote, qui fut en poste à la BA 113 de Saint-Dizier, a volé sur Soyouz en 1992 et sur Columbia en 1999. Naturellement, on se doutait bien qu’il allait évoquer la conquête spatiale. Mais connaissant les mœurs intellectuelles de l’APM, on se doutait aussi que l’intervenant jouerait l’ouverture vers de plus vastes domaines touchant à l’humain. Il s’en est acquitté avec bonheur et malice.

S’il est un mot qui a jalonné son propos, c’est bien confiance. «C’est quelque chose qui se construit jour après jour, année après année. Grâce à elle, des choses impossibles sont advenues». Il parle de l’aventure spatiale désormais commune entre Russes et Américains, avec les Européens, les Canadiens, les Japonais. Mais on devine bien qu’il ne parle pas que de cela. L’espace, qui fut le plus vaste terrain de la Guerre froide, est aujourd’hui le théâtre de la plus belle des coopérations entre des nations, des hommes, des systèmes aussi différents que les Russes et les Américains.

Michel Tognini déploie son propos : «la confrontation, c’est bien ; la coopération, c’est mieux. L’évolution est plus lente, mais les progrès sont plus réels».

Comme l’intervention en terre lingonne était bien préparée, Michel Tognini a eu le bon goût de citer Diderot. On a donc parlé aussi connaissance. Durant quelques minutes, des instants où il se passe quelque chose, Michel Tognini a délaissé son PowerPoint et son récit savamment construit pour expliquer à ses hôtes combien, à ses yeux, l’éducation était fondamentale. L’ex-enfant d’origine modeste a expliqué comment, de mauvais élève pris en mains par d’excellents professeurs, il est devenu meilleur : «ils m’ont réveillé». Il a expliqué que si l’on sait donner à un enfant le goût et le moyen d’étudier, il aura plus tard le choix ; «et le choix, c’est la liberté».

On volait haut, bien plus haut que les 400 km de la station spatiale internationale, lorsque Michel Tognini concluait sur ce point : «le bonheur de l’Homme, c’est la connaissance ; tout ce qu’on peut faire pour les écoles est important». 400 km sous l’ISS, une mouche volait.

Il est revenu sur l’ISS, superbe symbole au-dessus de nos têtes, fruit des efforts et de l’imagination et des ateliers de quinze pays différents. «Et pourtant, tout s’est emboîté».

«La vie, ce n’est pas que prendre, c’est aussi transmettre» a aussi dit Michel Tognini, en homme de l’art. Ce qu’il a transmis aux managers haut-marnais présents, entre les murs symboliques d’une chapelle, a marqué positivement ce 20e anniversaire.