Le Groupe Carlyle, société américaine de gestion d’actifs spécialisée dans le capital investissement, veut revendre les 80 % de Marle (Nogent) qu’il détient. Marle produit des implants orthopédiques et compte 280 salariés à Nogent et Sarrey. (JHM du 25 novembre 2015).

Dans le giron de Carlyle depuis 2009, le leader européen des implants orthopédiques Marle implanté sur la zone industrielle de Nogent pourrait changer de propriétaire. Selon le quotidien économique Les Échos, et l’hebdomadaire Capital Finance,  l’industriel aurait mis en concurrence trois banques d’affaires en vue de lancer un mandat de vente : Natixis Partners, Messier Maris & Associés et Lazard. Aucun choix n’aurait pour l’instant été fait. L’objectif serait de valoriser l’entreprise créée par Bernard Marle près de 300 millions d’euros. Carlyle détient Marle à hauteur de 80 % depuis six ans.

Photo aérienne Marle

L’entreprise nogentaise demeure, depuis le départ de Bernard Marle, un cas à part dans le paysage industriel. Marle réconcilie le meilleur des deux mondes : les vertus d’un groupe familial et celles d’un fonds de pension étranger, sans se lester de leurs travers.

On est désormais bien loin, en taille, de l’atelier d’Odival. Après son déménagement à Nogent, Marle, adossé à son propriétaire Carlyle, a constitué par acquisitions un groupe parfaitement cohérent. Aujourd’hui, Marle compte 550 collaborateurs, dont 280 sur le pôle Nogent-Sarrey.

À son arrivée aux commandes, Antonio Gil s’était fixé trois axes de développement : fournir une prestation complète sur l’implant de hanche, positionner Marle sur le genou, en forte croissance, et introduction de Marle sur les marchés américains et asiatiques. La cohérence du groupe lui a permis de remplir ses deux premières missions : il dispose d’une fonderie pour le genou, qui ne passe pas en forge, et un “finisseur” pour habiller les hanches forgées à Nogent. Quant aux marchés extérieurs, deux ingénieurs technico-commerciaux s’emploient à la renommée du made in Haute-Marne à l’autre bout de la planète.

Toutes ces acquisitions n’auraient jamais été possibles sans les assises financières de Carlyle. Marle produit désormais plus d’un million de prothèses (hanches et genoux) chaque année ! 60 % partent à l’export en vente directe. Marle produit largement plus de 650 000 hanches, ce qui en fait le leader mondial au rang de la sous-traitance. Car aujourd’hui, Marle ne fabrique des implants que pour des donneurs d’ordres ; ces derniers, qui sont des laboratoires, fournissent les hôpitaux.

Le groupe a ainsi développé un chiffre d’affaires de 86 millions d’euros (multiplié par trois en quatre ans) dont 40 millions, pour le seul site de Nogent. La croissance atteint 26 %.

L’avenir passe sans doute aussi par le rachis (la colonne vertébrale). Moins gros qu’une pièce d’un euro, les premiers disques sont sortis il y a quelques mois des ateliers de Nogent. Deux articles très complets sur l’entreprise et sur Bernard Marle seront publiés vendredi dans notre supplément éco-entreprises distribué gratuitement avec le JHM.