hachette__driout-2Hachette & Driout (Saint-Dizier) s’adosse à un groupe de partenaires au sein desquels émerge notamment Ferry Capitain (Vecqueville). L’emploi ne sera pas impacté (JHM du 1er  août 2016).

L’information a été présentée jeudi au Comité d’entreprise : Hachette & Driout s’adosse à des partenaires, essentiellement industriels, pour faire face aux défis du présent et préparer l’avenir. Pour les Haut-Marnais, le plus emblématique de ces partenaires, Ferry Capitain (Joinville), à travers le groupe CIF, se rapproche de son homologue fondeur bragard sans détenir seul la majorité. L’emploi sur le site de H & D ne subira pas de conséquences. De fait, le nouveau “groupe” fondé sur la complémentarité de ses trois principaux piliers, devient leader sur le marché de la fonderie en France.

L’opération est donc bouclée ; les avocats ont peaufiné les ultimes détails : la holding Hachette & Driout s’adosse à de nouveaux partenaires. On connaît le contexte (voir encadré). La société de la famille Robert-Dehault ne pouvait plus rester indépendante si elle voulait honorer les charges de son endettement. Plusieurs hypothèses de travail ont été envisagées ces derniers mois. On peut qualifier “d’industrielle” la solution retenue tant les principaux acteurs du tour de table final connaissent l’univers de la fonderie.

Le groupe CIF, c’est notamment Ferry Capitain et naturellement Marthe Prugnier.

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Laurent Lajoye et le groupe Lorrain LBI est le second de ces partenaires. Laurent Lajoye et André Robert-Dehault se connaissent et s’apprécient ; le premier avait succédé au second à la présidence des fondeurs de France.

Les trois fondeurs, réunis samedi matin à Saint-Dizier, entendent mettre en place une synergie industrielle : les moyens commerciaux notamment, présents dans le monde entier, seront mutualisés. Ces trois sociétés, désormais associées, et leurs filières, complémentaires dans leurs compétences et leurs outils, représentent plus de 2000 salariés dans la fonderie.

Le projet industriel de ces trois partenaires en a convaincu d’autres, plus financiers. Figure notamment en leur sein Girofer à Joinville. Bertrand Ollivier, son président, était présent lui aussi hier. EDF, à travers sa filiale financière Safidi, est un autre de ses partenaires ; EDF avait tout intérêt à ce que son fournisseur bragard reste efficace. Enfin, il n’est guère de gros projets qui puissent se construire en Haute-Marne sans une implication du GIP : il apporte un financement de 2 millions d’euros, sous forme de prêt, sur une durée de 12 ans. Il ne s’agit donc pas d’une subvention mais d’un financement à long terme à la holding Hachette & Driout.

À terme, le management opérationnel sera vraisemblablement confié à un manager du groupe CIF. Tous les acteurs affichent une volonté consensuelle de transition en douceur.

L’effondrement des cours des matières premières et de l’énergie

Jusqu’à 2012, la croissance de la fonderie bragarde Hachette & Driout reposait sur deux marchés porteurs : les machines d’extraction des matières premières (Caterpillar etc.) et le secteur de l’énergie fossile (gaz et pétrole). André Robert-Dehault et es collaborateurs avaient ainsi fait passer la production de 1 500 tonnes/an à 11 000 tonnes/an. Des investissements conséquents avaient été réalisés en 2008 pour suivre la demande. En 2012, Hachette Driout décide de construire une nouvelle usine, plus moderne. Las, en 2013, la conjoncture se retourne. Les cours des matières premières s’effondrent : les entreprises extractrices cessent brutalement d’investir. L’année suivante, c’est au tour du cours du baril de pétrole de s’effondrer. Il passe de 100 à 30 dollars. Les marges des compagnies n’ont jamais été aussi basses ; elles aussi reportent leurs investissements. L’effondrement quasi simultané de ses deux principaux marchés étrangle financièrement la holding bragarde qui doit en même temps faire face au remboursement de sa dette.