martine_et_robin_gitton-1Robin Gitton,  jeune homme brillant, s’est emparé des rênes du Haras du Vieux Moulin près de Chaumont. Et il a l’habitude de franchir les obstacles… (JHM du 13 septembre 2016)

Il est des entreprises qu’on peine à qualifier d’entreprises. Elles sont bien le fruit d’investissements, de travail. Elles ont un patron, des locaux, des outils, des charges, un chiffre d’affaires. Malgré tout cela, le grand public persiste à ne pas les voir pas sous leur statut d’entreprise. Peut-être parce qu’une partie de leur clientèle y vient justement pour y pratiquer un loisir, voire une passion.

Il en va ainsi du Centre équestre du Haras du Vieux Moulin, entre Chamarandes et Choignes, au pied de Chaumont.

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Certes bien entouré, Robin Gitton n’avait pourtant que 23 ans lorsqu’il a créé la SARL. Sa jeunesse aurait pu passer pour un handicap ; il a su en faire un atout. Dans un secteur extrêmement concurrentiel, le monde associatif complique un tantinet la donne. Il fallait se démarquer et proposer des services absents chez ses nombreux voisins. Robin Gitton en a fait une écurie de propriétaires. Sauf exception, il faut posséder son cheval pour monter au Vieux Moulin ou pour y mettre sa monture en pension. Autre particularité du site : Robin Gitton fait travailler les chevaux qui lui sont confiés. Il s’est même fait une solide réputation pour ses compétences auprès des jeunes chevaux. Il pratique une méthode de débourrage rapide, efficace relativement peu pratiquée dans la région. Là aussi, il se démarque. Les clients qui ont les moyens d’acquérir un jeune cheval et qui veulent le valoriser savent pertinemment, lorsqu’ils signent le chèque, qu’il faudra passer par la case débourrage, puis éducation, puis compétition. Justement, Robin Gitton monte en compétition les jeunes chevaux en pension au Vieux Moulin. Sous sa selle, ils tutoient leurs premières barres et apprennent le métier ; le propriétaire viendra plus tard, quand les dérobades intempestives n’auront plus cours. Cette année, Le Haras est parvenu à qualifier huit jeunes chevaux en finale nationale à Fontainebleau. Pas mal, sur une toute jeune carte de visite.

Le Vieux Moulin – mais là il n’est pas le seul – fait aussi intervenir des “pointures” reconnues. Entraîneur de haut niveau, Francis Mas fait partie de ces compétences extérieures qui apportent un regard neuf, complémentaire de ce que le frais émoulu du Haras du Pin, Robin Gitton, propose déjà aux propriétaires haut-marnais.

Lorsqu’il a créé son affaire, le jeune chef d’entreprise n’avait qu’un seul cheval en pension. Il en compte 25 aujourd’hui. Il a aussi constitué une équipe de cavaliers qui tourne en “amateurs”, terme qui, en équitation, a un tout autre sens que son acception commune. Ses 8 hectares dont deux de paddock et ses 2 000 m² couverts lui réservent une belle marge de progression, dans un environnement naturel particulièrement favorable. Et Robin Gitton a les qualités de son âge : celui des projets.

Afin de mettre en adéquation ceux-ci avec des moyens humains et des compétences à la hauteur, il a engagé Martine Gitton, sa mère, qui ocupait auparavant des fonctions managériales dans un organisme important. Son arrivée renforce singulièrement la crédibilité de la démarche entrepreneuriale.