Avec Agissons pour Bâtir la Capeb de Demain (ABCD) la Capeb joue à fond la carte de la modernité, mais ne cache pas son désarroi face à la conjoncture d’aujourd’hui. (JHM du 7 février 2017)

Depuis l’emblématique Robert Buguet, Les travaux de la Confédération des artisans et petites entreprises du bâtiment (Capeb-52) ont souvent été marqués, au fil d’un riche passé, par des discours parfois enflammés des présidents successifs. Au moins là, même les charpentiers et les menuisiers ignorent la langue de bois. En certaines occasions, plus rares, la première partie, toujours technique, des assemblées générales se hissait au niveau du toujours très attendu discours. Ce fut le cas vendredi soir, à la salle des fêtes de Froncles (une première en matière de délocalisation !).

Cela n’a pas empêché Jean-Louis Mouton, désormais aussi président régional Grand Est, de dresser un panorama que l’on savait sombre de la conjoncture du bâtiment haut-marnais. «Je peux vous assurer qu’en Haute-Marne, il n’y a aucun signe de reprise : -42 % de logements commencés à la fin septembre 2016. […] La Haute-Marne détient le triste record régional dans ce domaine.»

Jean-Louis Mouton a aussi évoqué la plaie qu’est le travail détaché : «en Haute-Marne, ce phénomène est réel». Pour lui, ces concurrences déloyales sont venues détruire plus de 1 000 emplois dans notre département et ont supprimé 124 employeurs.

Le président Mouton s’en est pris avec virulence au projet de prélèvement à la source, un prélèvement qui pour lui se révélera une catastrophe administrative compte tenu de la complexité de note système fiscal. Il rappelle que la Capeb dénonce le fait que le prélèvement à la source se révèle être un transfert de charges, des responsabilités et de sanctions : Le risque de dégradation des relations sociales dans l’entreprise est sous-estimé».

Il est bien sûr revenu cette année encore sur le compte pénibilité emploi : «du grand n’importe quoi !».

Pour le président Grand Est, le réel constaté augure mal de l’année 2017. Au niveau départemental, il ne voit pas pondre le bout du tunnel : «Si certaines entreprises bénéficient d’un regain d’activité, nombreuses déplorent un manque de lisibilité dans leurs carnets de commandes, avec des appels d’offres qui peuvent se compter sur les doigts d’une seule main. Sans omettre que pour conquérir ces quelques marchés, nos entreprises se livrent à une pratique de prix déroutants, allant jusqu’à appliquer des prix de 2008».