L’opération “Artisan d’un jour” relayée  par la Chambre de Métiers et de l’artisanat de Haute-Marne consiste à immerger quelques heures durant un élu ou un préfet dans une entreprise artisanale. En théorie, il s’agit d’initier l’hôte au métier et au savoir-faire de l’artisan.(JHM du 21 mars 2017)

C’est ainsi qu’en Haute-Marne :

• Gérard Groslambert, vice-président du Conseil départemental, est allé mercredi matin au garage Merlin Penné à Brethenay.

• Françoise Souliman, préfet, aurait dû se rendre mercredi matin chez le pâtissier Nicolas Thévenin à Chaumont, mais les événements devant le lycée Charles de Gaulle l’en ont empêchée.

• Christine Guillemy, maire de Chaumont et vice-présidente du Conseil régional, est allée mercredi matin chez le tapissier décorateur François Delaire à Chaumont.

• Sophie Delong, maire de Langres, est allée mercredi après-midi chez le pâtissier Paul Henry à Langres.

• Stéphane Martinelli, vice-président de la Communauté d’agglo de Chaumont, est allé vendredi matin sur le chantier du futur siège du SDED à Chaumont avec le menuisier Jean-Louis Mouton.

• Luc Chatel, député, est allé vendredi après-midi à la coutellerie Legendre à Langres.

Il s’agissait surtout, on s’en doute, d’instaurer un dialogue entre ces personnalités et les artisans afin de faire entendre la voix des entreprises sur des questions de fond à destination de la classe politique et au-delà.

Gérard Groslambert chez Merlin Penné

Gérard Groslambert, vice-président du Conseil départemental, s’y entend bien, et depuis moult années, en mécanique politique. Il met moins souvent les mains dans le cambouis. Cela ne l’a pas empêché de jouer le jeu d’Artisan d’un jour : il était attendu par Alain Penné, emblématique garagiste de son état, à Brethenay.

À peine arrivé, l’élu s’est vu proposer une blouse de travail et les gants de rigueur. Conseillé par l’excellent Francis Rigouby, Il lui fallait fixer une attache de remorque. L’affaire s’avère autrement plus compliquée qu’il n’y paraît ; le nombre de pièces à démonter avant d’accéder aux emplacements judicieux est autrement plus grand qu’on ne l’imagine. Gérard Groslambert a consciencieusement suivi la notice et plus encore les conseils des pros qui l’entouraient, sous les regards de Jean-Louis Mouton et Patrick Viard. Vint ensuite le temps des échanges, des questions et la confrontation avec le quotidien d’un artisan, fait aussi de paperasses, de formalités etc.

Jean-Louis Mouton : de nombreux sujets abordés

Le président de la Chambre – qui a “mouillé le maillot” durant cette semaine, très mobilisé qu’il était par l’action “Artisan d’un jour” – en tire les premières leçons :

JHM : quel était le but de cette opération ?

J.-L. Mouton : «Avec cette particularité de mettre des élus en situation de travail de l’Artisan, cela nous permet d’avoir des élus complètement à notre disposition, d’aborder la situation des entreprises artisanales, et surtout d’avoir des élus beaucoup plus réceptifs. Car lorsqu’ils sont en situation, c’est bien l’artisan leur maitre. Et à ce moment précis ils sont à notre écoute, attentif.»

JHM : Vous avez vraiment évoqué des questions de fond ?

J.-L. Mouton : «De nombreux sujets abordés, tant par Gérard Groslambert posant un crochet d’attelage, Christine Guillemy, garnissant une chaise, Sophie Delon faisant et dégustant des chocolats, Stéphane Martinelli posant des fenêtres que Luc Chatel travaillant à la confection d’un couteau. Des sujets sur le thème de la formation, la pérennité  de nos entreprises, le commerce local, les apprentis, les  complexités environnementales qui vont faire disparaitre des entreprises qui assurent encore une activité locale ( coutellerie), les marchés publics,  l’emploi local, la pénibilité, la complexité du RSI et bien d’autres…»

JHM : Alors, finalement…

J.-L. Mouton : «Ce fut une semaine très chargée, mais pleine de satisfactions, d’échanges et surtout de situations atypiques.»