«Je suis un taiseux». Confessant cela, Daniel Grépinet explique pourquoi MGS est si discrète dans les médias et ailleurs. Pourtant, l’entreprise de Vaux-sous-Aubigny mérite assurément un tout autre traitement, en termes d’image. (JHM du 7 novembre 2017). MGS est une entreprise de mécanique générale, de chaudronnerie inox et de découpe laser située à la pointe sud de la Haute-Marne. Elle emploie une grosse trentaine de salariés. La société travaille pour des secteurs aussi variés que l’agroalimentaire, l’aviation, le mobilier urbain, divers secteurs du nucléaire, etc… Daniel Grépinet a créé l’entreprise en partant de rien, en 1986. Il avait envie, besoin d’être à son compte, de ne plus dépendre d’autrui. Il commence dans des locaux qu’il loue à Montsaugeon puis s’installe deux ans plus tard à Vaux. L’usine occupe aujourd’hui 3 000 m². Jusque-là, on a un profil d’entreprise très traditionnel. Ce qu’on fait dans cette entreprise s’avère moins conventionnel : pour faire court, ce que les autres ne veulent ou ne savent pas faire, à MGS, on le réalise. Une autre caractéristique de l’entreprise est son carnet de commandes : il est plein. La visibilité est de l’ordre de l’année. Le souci de MGS, c’est le manque de personnel, qui ne lui permet pas d’accepter toutes les propositions de ses donneurs d’ordres. Il y a donc du travail, mais pas assez de bras compétents pour s’en emparer. Fâcheux, pour le moins… « Il est vraiment regrettable de constater qu’il est difficile de trouver des chaudronniers. C’est un problème récurrent depuis des années ». Ses salariés, MGS les forme, en interne. La condition première est l’envie. Une troisième caractéristique originale tient dans la capacité de Daniel Grépinet à accoucher des fameux et toujours redoutés moutons à cinq pattes. Le client potentiel vient, explique ce qu’il veut – parfois sans même le moindre plan – et MGS réalise un prototype. Daniel Grépinet et son personnel sont des magiciens de la tôle. Par empirisme, ici, on trouve des solutions quand les autres ont renoncé. Puis on réalise, et seulement ensuite on théorise. Les clients qui viennent chez MGS ne reviennent pas tant pour une fabrication que pour la solution qui permettra la fabrication. Les pièces faciles n’ont pas droit de cité chez MGS. L’impossible est bien davantage prisé par Daniel Grépinet dont l’ensemble de l’œuvre est régi par une règle : «il faut être fier de ce que l’on fait». Ainsi, MGS fabrique des bornes que l’on retrouve de plus en plus – sécurité oblige – dans l’espace public. Lorsqu’il se rend à l’étranger, autour des places prestigieuses des grandes villes, il arrive au regard de Daniel Grépinet de croiser une des bornes sorties de son usine : «ça doit être beau, aussi» explique-t-il. Et ça l’est !