La Chambre de métiers et de l’artisanat s’est prononcée lundi 13 novembre 2017 à l’unanimité favorable au principe de la création d’une Chambre des métiers et de l’artisanat régionale (CMAR) Grand Est au 1er janvier 2019. Ce faisant, les élus coupaient l’herbe sous le pied aux tenants d’un mariage avec les Chambres de commerce et d’industrie. (JHM du 14 novembre 2017).Il s’agit, pour la Chambre de métiers haut-marnaise, de donner un coup d’accélérateur à la mutualisation régionale à l’échelle du Grand Est. L’idée est ainsi de démontrer, dans les faits, que les Chambres de métiers n’attendent surtout pas de fusionner avec qui que ce soit pour se réorganiser et se réformer. Cette idée de fusion des deux chambres au niveau national ressurgit régulièrement. Cette fois, c’est sous la forme d’un amendement déposé à l’Assemblée nationale. De toute évidence, cette perspective ne séduit personne chez les artisans. Plutôt que de fermer les yeux et subir, Jean-Louis Mouton, fidèle à ses habitudes, préfère prendre l’initiative de ce coup de pouce à la régionalisation, même s’il ne l’appelle pas encore ainsi. La Haute-Marne est bien placée pour avancer des pions dans ce secteur : le travail déjà réalisé à l’échelle de la Champagne-Ardenne, et la mutualisation réelle de certaines missions (directeur général) avec l’Aube donnent du crédit aux propos du président Mouton. Patrick Viard, justement, a apporté des précisions au projet qui s’esquisse : il y a actuellement dans le Grand Est neuf Chambres qui sont autant d’établissements publics autonomes. À terme, il n’y en aurait plus qu’une, régionale, avec un seul budget, régional. Et cette Chambre disposerait d’antennes dans les départements. Ces antennes – pour la Haute-Marne la Chambre de métiers-52 – resteraient l’interlocuteur de proximité au service des artisans du département. A priori, cette réforme majeure n’aurait pas d’incidences sur le personnel ; cela dit, les élus ont déjà évoqué le départ en retraite du directeur, Patrick Viard. Certains ont compris qu’il ne serait pas remplacé. Les élus des artisans du Grand Est se donnent une année de réflexion et d’étude. Ils s’appuient sur un cabinet. De toute évidence, Jean-Louis Mouton, qui fut pourtant si défiant jadis à l’endroit de la région, a convaincu ses homologues haut-marnais.