On sait depuis longtemps qu’un des défis majeurs de l’économie de notre territoire est la transmission-reprise. Moult sociétés haut-marnaises de tailles diverses sont dirigées par des entrepreneurs qui atteignent l’âge de la retraite ; soit elles ferment, entraînant avec elles les emplois et les savoir-faire, soit elles trouvent (re) preneur. C’était le cas de l’entreprise de peinture-décoration de Bruno Thorreau, à Chaumont. La chance, dit-on sourit aux audacieux ; cette chance qui a fait se croiser un Bruno Thorreau prévoyant et un Pierre Millet disponible. Ce dernier, riche d’une solide expérience commerciale, a relevé le défi de la reprise. Une fois la décision prise, le parcours de Pierre Millet ne fut pas exempté de contrariétés. Il a bien fallu six mois pour monter le dossier. Durant ce semestre semé d’embûches, convaincre les banques de la pertinence du projet ne fut pas la moindre d’entre elles. Quatre ont plus ou moins rapidement dit non. Un des arguments décisifs fut sans doute le soutien que Pierre Millet a trouvé auprès d’Initiative Haute-Marne (IHM). Sabine Bourcelot (CCI) s’est montrée efficace et persuasive. Le prêt d’honneur de IHM a tout débloqué : une caution de BPI, puis l’accord tant attendu de la Banque populaire. De son côté, Pierre Millet a mis sur la table toutes ses économies. La signature a eu lieu en février dernier. Depuis Pierre Millet gère… accompagné pour quelques semaines encore par Bruno Thorreau ; cela rassure. La transition s’est effectuée en douceur. L’entreprise, notamment spécialisée en peinture, décoration, revêtements de sols et murs et plafonds tendus, compte aujourd’hui deux apprentis et six peintres dont quatre postes créés depuis la reprise. En zone industrielle de la Dame Huguenote, la façade a changé récemment. Près de “Thorreau”, un nom emblématique, sont apparues les initiales PM, qui ménagent l’avenir.

JHM du 19 juin 2018